Conscience de soi et leadership

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Il y a une forte probabilité que vous soyez interrompu avant d’avoir fini cet article. Normal, la distraction mentale s’annonce comme l’un des pires fléaux de notre futur immédiat : interruption digitale inévitable avec le syndrome « Atawad » (anytime, anywhere, any device) dans ce monde ultra connecté. Interruption humaine aussi, dans un environnement de travail où l’écoute empathique profonde se raréfie comme l’eau potable sur terre, au profit d’une instabilité attentionnelle chronique.

 

Etre en résonance

Cette distraction mentale fait partie des défis que tout dirigeant devra relever demain. Face à la sur-sollicitation, l’exigence de l’immédiateté, la surcharge informationnelle ou la dictature court-termiste, il n’est pas simple de rester lucide et serein dans ses prises de décisions. Mais le défi d’être « en résonnance » est probablement l’un des plus difficiles à appréhender pour nos leaders. Il s’agit de réussir à connecter ce qui se passe à l’intérieur de soi (nos pensées et images, nos émotions et sentiments et nos sensations) et à l’extérieur de soi (les interactions avec autrui, l’environnement immédiat, les évènements).

La pratique de la pleine conscience (un entrainement à centrer délibérément son attention dans l’instant, sans jugement) se diffuse progressivement dans la communauté mondiale des dirigeants d’organisations. Jon Kabat Zinn (Professeur émérite de médecine, américain et père de la pleine conscience en occident) et Matthieu Ricard guident des pratiques contemplatives auprès des leaders de notre planète lors des sommets de Davos.

Cette forme moderne de sagesse peut aider le leader à discerner ses pensées de la réalité, aiguiser une perception plus objective. Elle lui permet d’être plus vite conscient de ses schémas mentaux automatiques ou de ses charges émotionnelles qui peuvent impacter ses décisions.

 

Compétences socio-émotionnelles et performance sont liées

D’ailleurs, les neuroscientifiques nous apprennent que les dirigeants les plus performants mobilisent davantage leurs compétences socio-émotionnelles et leur conscience de soi, que les dirigeants les moins performants.
Selon Daniel Goleman, à compétences cognitives ou organisationnelles équivalentes, 85% des écarts de performance, parmi un groupe de dirigeants, s’expliqueraient par leur niveau d’intelligence socio-émotionnelle. Les chercheurs américains McKee et Boyatzis ont identifié la conscience de soi comme la compétence majeure du leader « en résonnance ».

Pour la développer, la pratique de la « présence attentive » (autre nom de la pleine conscience) semble prometteuse, même si le champ de la recherche scientifique sur l’impact de cet entrainement laïc auprès des dirigeants reste encore largement inexploré.
On sait, des premiers programmes pilotes, que la pratique régulière de pleine conscience aide le dirigeant à cultiver une claire conscience de soi au service d’un leadership plus humain et authentique, plus agile dans la complexité.

Aider nos dirigeants à opérer leur propre transformation vers un leadership plus intègre et responsable, c’est aussi contribuer modestement à changer le monde.

 

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