Mon enfant est hyper stressé, comment l’aider ?

meditation pleine conscience ecole Nantes Dr guillaume Rodolphe

Sous la bannière du stress, on range tous les comportements infantiles qu’on a du mal à cerner : l’hyperactivité, l’hypersensibilité et même le manque de bonnes manières. Or le stress a ses causes et ses remèdes.

Avec les conseils de Philippe Duverger, pédopsychiatre, auteur de Mes parents sont fragiles et Jeanne Siaud-Facchin, psychologue et fondatrice des centres Cogito’Z et auteure de Tout est là, juste là, méditation de pleine conscience pour les enfants et les ados.

Les signes avant-coureurs

Comme tous les troubles anxieux, le stress s’installe sans que l’on ne s’en rende compte, et il est déjà bien ancré lorsque l’on réagit. C’est la somatisation qui met généralement sur la voie : « L’enfant stressé a des problèmes de sommeil, de concentration, d’alimentation et souvent mal au ventre au moment d’aller à l’école », observe Jeanne Siaud-Facchin. Cela n’a rien à voir avec un comportement comme le caprice ou l’attitude dilettante d’un enfant roi qui n’a appris ni le désir ni la frustration. « Aimer n’est pas gâter », rappelle Philippe Duverger qui fait souvent le lien entre le stress et l’éducation dans laquelle éducatif et affectif sont confondus. Le stress n’entre pas non plus dans la description d’un môme hyper-actif dont on aurait du mal à canaliser l’énergie. étant donné que l’enfant a du mal à verbaliser ce qui se passe en lui, le stress se manifeste volontiers à coup d’allergies, de douleurs, d’irritabilité, de tics ou de comportements régressifs (succion du pouce). C’est la durée et la répétition du symptôme qui doit alerter le parent. Chez l’ado, le stress se manifeste surtout par une humeur morose constante, un côté « pile électrique » qui tourne en boucle. Il le dit, d’ailleurs, à la manière ado « j’en ai marre, ça me saoule » et même « ça me squatte l’encéphale ». Il fait sa crise, il est en crise et si l’on n’y prête pas attention, le stress peut devenir de la dépression et les symptômes prendre d’autres proportions : dans certains cas, scarifications, addictions, phobies.

 

Ces causes que l’on ne veut pas voir

Parce qu’elles nous renvoient à notre responsabilité, on les met sous le tapis, les causes : hélas, à parent stressé, enfant stressé. C’est typiquement l’adulte centré sur ses soucis ou associant sans le vouloir vie pro à fardeau (il n’en parle jamais à la maison de manière positive). Pour l’enfant, la vie professionnelle devient alors synonyme de stress. C’est aussi le parent qui surinvestit les résultats scolaires et met la pression à son enfant. D’où l’angoisse maximale au moment d’un contrôle, ou lorsqu’il rapporte une sale note. On veut bien faire mais à trop investir la réussite, on peut surcharger l’emploi du temps de Junior ; piano lundi, anglais renforcé mardi, tennis mercredi… La course à la performance aboutit au burn out et au sentiment d’échec, et pas seulement chez l’adulte. Selon Jeanne Siaud-Fachin, 50 % des parents sont inquiets pour la réussite scolaire de leurs enfants et 85 % des motifs de consultation en psychologie de l’enfant et de l’adolescent sont liées à des motifs autour de l’école. Sans s’en rendre compte, on communique son propre stress à ses enfants. Enfin, il y a de la part de certains parents, la tendance à anticiper jusqu’à l’absurde ; s’il a des problèmes au CE2, Junior pourrait bien rater son Bac. Faire un tel pari sur l’avenir, c’est aussi hasardeux qu’infondé car bien malin qui peut prédire l’avenir d’un enfant. Et puis il y a tous ces cadeaux high-tech que l’on offre pour avoir la paix : laptop, smartphone, matériel sono compatible avec lecteur MP3, etc. On a vu des tout petits mieux manier une tablette que savoir dire trois mots. Et des ados vivre par écran interposé. « Le stress causé par les jeux vidéos, les écrans, est largement sous-estimé », reprend le pédopsychiatre qui voit défiler dans son cabinet les grands et petits lessivés par ce qu’on appelle le techno joujou.

 

Comment l’aider durablement ?

Il faut réaménager le quotidien et l’environnement. Premier changement : supprimer l’accès direct aux écrans, pour que Junior passe moins de temps sur YouTube, Insta ou Tétris. à table, on aura montré l’exemple en coupant le son de l’iPhone et en se montrant disponible pour parler avec lui de sa journée, du match de rugby France/écosse, etc. Selon Philippe Duverger, « laissons-leur du temps pour rêver, les enfants en consultation expriment souvent l’envie de sentir moins d’attentes, d’exigences de la part des adultes ». Exit les activités extra scolaires dans tous les sens. Jeanne Siaud Facchin insiste sur la nécessité de la parole qui accompagne. En posant ces questions : « Qu’est-ce que je peux faire pour t’aider ? » ou « Comment tu te sens ? » à son enfant, on l’amène à nommer son ressenti, à se reconnecter avec ses sensations et sa « météo personnelle » (quel temps fait-il à l’intérieur de soi ?). La psychologie positive avec sa malle de mots magiques a elle aussi un bon effet sur le moral ; dire « Tu n’y arrives pas encore » ou « Tu vas bientôt y arriver », c’est plus énergisant que « J’y arriverai jamais ». Enfin, tous les programmes de réduction du stress visent à jeter cette passerelle entre l’enfant et ses sensations corporelles. Sophrologie, relaxation et méditation de pleine conscience multiplient les ateliers y compris en famille. L’objectif est d’aider l’enfant ou l’ado à mieux gérer sa respiration mais aussi à repérer les pensées stressantes (ex : « Je n’y arriverai pas »), les jugements et les croyances et à se relier sur ses sensations physiques. Par exemple, en atelier de méditation, on pose un galet glacé dans sa main pour amener son attention sur la sensation et non plus sur la pensée. L’idée est de le relier au corporel quand le stress nous en éloigne pour nous bombarder de pensées. Entre autres effets, la méditation habitue l’enfant à rester dans l’instant présent, ce qui est l’une de ses grandes vertus.

SOURCE

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