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La méditation, un bouclier anti «coup de vieux»

Avec des effets bénéfiques pour le corps comme pour l’esprit, la méditation est un atout pour combattre les difficultés liées à l’âge.

Les muscles et les articulations qui se font douloureux, le «blues» qui grandit avec le départ des enfants et l’arrivée des rides, la peur de perdre la mémoire… Les «coups de vieux» sont inévitables, mais nous pouvons en diminuer l’impact, grâce, entre autres, à la méditation. Depuis le milieu des années 1980, un grand nombre d’études scientifiques explorent ses vertus.

«Une équipe en Californie a montré que trois mois intensifs de méditation renforçaient l’action d’enzymes essentielles dans la protection contre le vieillissement cellulaire. Par ailleurs, la méditation en pleine conscience réduit l’activité des gènes impliqués dans l’inflammation», explique Antoine Lutz, chercheur en neurosciences à l’université de Lyon I.

La méditation pourrait atténuer nos douleurs chroniques, en agissant également sur la composante émotionnelle de la souffrance: les méditants ont moins peur d’avoir mal et s’accoutument plus facilement aux douleurs répétitives. Ainsi, la méditation est-elle devenue un outil thérapeutique utilisé par de plus en plus de professionnels de santé, pour les douleurs rebelles, mais également l’anxiété, la dépression et l’insomnie. Développé par le Dr Jon Kabat-Zinn, le programme MBSR (Mindfulness Based Stress Réduction) est l’un des plus intégrés aux offres de soins. Il s’appuie sur la claire conscience de tous les instants où les ruminations et les émotions négatives restent à leur juste place.

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Lutter contre le stress et l’insomnie

Mieux encore, il semblerait que la méditation ralentisse notre vieillissement cérébral. En luttant d’abord contre deux ennemis du cerveau, le stress et l’insomnie. «En effet, explique Antoine Lutz, on sait aujourd’hui que le stress est particulièrement néfaste pour l’hippocampe, une zone du cerveau essentielle à la mémoire, et que les troubles du sommeil provoquent des modifications cérébrales pouvant déboucher sur la maladie d’Alzheimer».

Pour préciser ces liens entre méditation et vieillissement du cerveau, l’équipe de Gaël Chételat, chercheuse à Caen, avec Antoine Lutz, a comparé les caractéristiques cérébrales de seniors experts en méditation avec celles de non-méditants, à l’aide d’examens de neuro-imagerie. «Cette étude pilote, précise Antoine Lutz, a conclu que certaines aires cérébrales chez les méditants expérimentés étaient plus volumineuses et plus actives que chez les non-méditants, et que ces aires étaient justement celles ayant tendance à s’affaiblir avec les années. Les méditants semblent donc mieux résister au déclin cérébral». D’autres études laissent également entrevoir des bénéfices de la méditation chez des personnes atteintes de la maladie de Parkinson ou d’Alzheimer.

Néanmoins, ces découvertes se doivent d’être confirmées: les échantillons restent modestes, et il existe peu d’études probantes évaluant l’impact de la méditation au cours du temps sur une longue période. Le programme Silver Santé Study coordonné par Gaël Chételat devrait y remédier. Lancé début 2017 pour se terminer en 2019, il se propose de suivre la trajectoire de vieillissement de 150 personnes âgées soumises de façon aléatoire à l’un des trois programmes suivants: pas d’activité spécifique (les témoins), méditation ou enseignement de l’anglais. Ce dernier groupe permettra de comparer l’effet de la méditation à celui de l’apprentissage d’une langue, une autre forme d’entraînement mental connue pour ses vertus antivieillissement cérébral. Rendez-vous fin 2019.

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